4ième de La Passagère,
écrit par Paul Guimard, écrivain:
" Dans la chambre d'un hôtel de Manhattan,
une femme attend et rêve. Elle est venue aux États-Unis tenter
de sauver l'homme qu'elle aime, arrêté par les agents du Narcotic
Bureau pour trafic de stupéfiants. Cette femme, Sara, est
l'enjeu d'une partie mortelle entre la police américaine qui
a besoin de son témoignage et la maffia qui veut s'assurer
de son silence. Environnée de violence et de nuit traquée
par une multitude de voix hostiles, Sara se réfugie dans le
secret de son passé, elle laisse ses voix intimes reconstituer
le puzzle de ses passions, de sa traversée des mondes de la
drogue, de la prison, des flics en France, en Italie, aux
États-Unis. Ce roman est un voyage au bout de la mémoire,
mais aussi le portrait d'une femme au milieu des hommes, acharnée
à survivre parce qu'elle combat pour son amour. Cette femme,
nous en rappelle une autre, l'héroïne de La Dérobade,
le premier livre de Jeanne Cordelier. L'essentiel, pour ce
qui me concerne, est que La Passagère confirme la révélation
que les critiques et les lecteurs de La Dérobade ont
proclamée avec éclat : la naissance d'un écrivain. Rien de
plus rare qu'un style, qu'un ton, que ce privilège de savoir
communiquer le bruit d'un cœur qui bat. En cela, Jeanne Cordelier
est inimitable. "
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4ième
de Malparade, écrit par Jean Paul
Enthoven, auteur:
" La Malparade, c'est l'art de rater
sa vie, de prendre les choses à l'envers, de ne jamais
éviter le pire. C'est aussi, dans ce livre, la chronique
dérisoire et sublime d'un jeune homme rêveur qui
n'ignore rien du désespoir, ni des vagues de lumière
qui inondent parfois les jours ordinaires. Son histoire ? Elle
se déroule, d'un seul souffle, dans une zone hérissée
de béton et d'ordures, entre un samedi matin et un dimanche
soir, offrant au destin une poignée h'heures afin qu'il
accomplisse sa besogne. Il y a là, Rosa, la mère
qui croit que Venise se trouve quelque part dans le ciel, il y
a une inconnue entrevue dans une charcuterie et qui ressemble
à la Béatrice de Dante, un chien distraitement célinien,
des souvenirs défaits, des foisonnements d'illusions, des
fêtes de famille. Tout cela compose dans l'il du narrateur
- un petit roupiot qui se languit après l'extase - un univers
singulier où la réalité hésite, vacille
et se disperse. Partout, à l'entour, le monde, ses plaisirs
inutiles et détaillés, ici, par une écriture
absolument sensuelle. Après La Dérobade, La Passagère
et Chez l'Espérance, Jeanne Cordelier nous donne,
avec Malparade, son roman le plus délirant, le plus
pur. " |
4ième
de La Mort de Blanche-Neige, écrit par Mme Monique
Nemer, professeur de lettres
à la faculté de Jussieu:
" Dans la chambre d'enfants, il y a, aux
murs, 'le monde merveilleux de Walt Disney'. Et les frères
et les surs qui dorment sur les matelas out tête-bêche
dans le lit-cage.. Et, dans la cuisine, la mère qui ne
cesse d'exhaler sa rancur avant de se maquiller méticuleusement
pour ses rendez-vous de l'autre côté du pont du
chemin de fer. Mais surtout, il y a la chambre au 'lit normal'
et le père, qui se saisit de la petite fille, son viol
lent et progressif, la peur, la honte et ce vu lancinant
: 'Sainte Vierge, faties que je tombe malade
'
Tout ici, est vu et décrit par les yeux de l'enfant,
qui ne comprend que peu à peu la violence qui lui est
faite, et à qui tout recours est refusé - tandis
qu'au mur, Blanche-Neige quitte à petits pas l'innocente
ronde des contes enfantins.
Un monde de misère, de vociférations, de brutalité
- et en même temps, plein d'une forme de tendresse, même
envers le père, tant est immense le besoin d'amour de
la petite fille.
Un livre d'une très grande force, où tout sonne
juste : à ce point d'exactitude verbale, on n'est plus
dans le 'témoignage', mais bien dans la littérature.
"
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